Emplois dans l'infrastructure de recharge

Rejobs Editorial Team · 16 mars 2026

L'infrastructure de recharge pour véhicules électriques convertit le courant alternatif du réseau de distribution en courant continu stocké dans les batteries des véhicules - le maillon physique entre la production d'électricité renouvelable et l'électrification des transports. En Europe, 80 000 personnes travaillent dans 3 500 entreprises du secteur, avec une projection de 162 000 emplois d'ici 2030. En France, la filière IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques) emploie environ 24 000 personnes dans 5 400 entreprises, dont 19 500 dans l'installation et la maintenance. Avec 184 000 points de recharge publics fin 2025 et un objectif gouvernemental de 400 000 d'ici 2030, l'écart entre les 1,3 million de véhicules électriques en circulation et l'infrastructure de recharge nécessaire définit un marché de l'emploi structurellement en tension.

Le marché français : deuxième réseau européen, croissance à 30 % par an

La France a enregistré 363 130 immatriculations de véhicules électriques en 2025 - un record de 20 % de part de marché, en hausse de 25 % sur un an. Le réseau de recharge suit : 184 141 points de recharge publics fin novembre 2025, dont environ 31 300 bornes rapides DC de plus de 150 kW. Ces dernières ont progressé de 58 % en un an, faisant de la France le marché européen à la croissance la plus rapide en recharge rapide. La disponibilité technique atteint 93 % et la densité dépasse 252 bornes pour 100 000 habitants.

Share of new cars sold that are electric by country

Part des véhicules électriques dans les ventes de voitures neuves par pays. La Norvège mène avec plus de 90 %, suivie des Pays-Bas, de la Suède et de la Chine. Version interactive. Source : Our World in Data / CC BY 4.0

Graphique montrant le nombre de voitures électriques en circulation par pays

Nombre de voitures électriques en circulation. La Chine mène avec plus de 30 millions, la flotte européenne croît rapidement. Version interactive. Source : Our World in Data / CC BY 4.0

Le gouvernement a fixé un cap en mai 2025 : 7 millions de bornes au total d'ici 2030 (publiques, résidentielles et en entreprise), dont 400 000 points publics et 50 000 bornes rapides ou ultra-rapides, pour une puissance cumulée de 9 GW. Le programme ADVENIR a mobilisé 320 millions d'euros depuis 2016, avec un budget supplémentaire de 200 millions pour 2024-2027. En février 2025, 13 opérateurs ont fondé l'alliance Charge France, s'engageant sur 4 milliards d'euros d'investissement pour déployer 40 000 bornes ultra-rapides d'ici 2028 - contre environ 10 000 début 2025.

Le réseau électrique constitue le principal goulot d'étranglement. Enedis estime que la recharge simultanée de 15 millions de VE nécessiterait 10,2 GW - l'équivalent de dix réacteurs nucléaires. Le raccordement d'une borne rapide avec extension de réseau prend 5 à 6 mois, la livraison de transformateurs jusqu'à 20 mois en Europe. Le gouvernement a imposé à Enedis un objectif de 6 mois maximum pour tout raccordement. En 2024, Enedis a raccordé 5,1 GW de capacité de recharge (+38 % sur un an). Pour le marché de l'emploi, cette contrainte réseau crée une forte demande pour les spécialistes en intégration au réseau et les ingénieurs capables de concevoir des solutions de recharge - batteries tampons, pilotage intelligent - dans les limites de la capacité existante.

La qualification IRVE : le sésame du métier

Depuis janvier 2017 (décret n° 2017-26), toute installation de borne de recharge supérieure à 3,7 kW doit être réalisée par un professionnel qualifié IRVE. La qualification se décline en trois niveaux :

  • P1 (basique) : installation de bornes AC non communicantes jusqu'à 22 kW. Premier niveau, accessible après une formation courte pour un électricien qualifié.
  • P2 (intermédiaire) : bornes AC communicantes ou supervisées jusqu'à 22 kW, avec configuration spécifique. Prérequis : qualification P1.
  • P3 (expert) : bornes de recharge rapide DC à haute puissance, généralement pour les stations publiques. Prérequis : P1 et P2.

Trois organismes délivrent la qualification : Qualifelec (plus de 5 000 entreprises qualifiées en 2025), AFNOR Certification et Qualit'ENR. Les formations de reconversion professionnelle durent dès 7 semaines et mènent directement à l'emploi. Pour les ingénieurs, Arts et Métiers propose un Mastère Spécialisé IRVE orienté gestion de projet en infrastructure de recharge.

La pénurie de main-d'oeuvre qualifiée amplifie les perspectives. Le réseau électrique français doit recruter 43 000 personnes entre 2025 et 2030 - 7 000 par an - soit une augmentation de 80 % de l'effectif technique. Au niveau européen, plus de 50 % des entreprises énergétiques signalent des difficultés critiques de recrutement pour les postes techniques. Pour les électriciens qualifiés IRVE et les ingénieurs en électronique de puissance, cette pénurie se traduit par un rapport de force favorable en négociation salariale.

AC, DC, ultra-rapide : trois niveaux de complexité

La recharge AC (jusqu'à 22 kW) constitue le volume. Wallboxes en copropriétés, parkings d'entreprise, centres commerciaux - la France compte plus de 150 000 bornes AC publiques. L'installation est du ressort de l'électricien qualifié P1 : évaluation de charge, tirage de câbles, mise à la terre, mise en service. C'est l'entrée la plus rapide dans le secteur.

La recharge DC rapide (50-150 kW) élève la complexité. Alimentation triphasée, souvent transformation de tension, travaux de génie civil pour les fondations et les tranchées de câbles. Les bornes DC sont des équipements connectés : firmware, communication cellulaire via IoT, supervision à distance depuis des plateformes centralisées. La maintenance exige une double compétence en électricité et en diagnostic logiciel.

La recharge ultra-rapide (150-400+ kW) relève de l'ingénierie d'infrastructure. Raccordement haute tension, parfois batteries tampons, conception complexe en électronique de puissance. La station Tesla de Magnant sur l'A5 - 56 bornes V4 sous auvents solaires - ressemble davantage à la construction d'un poste de transformation qu'à l'installation d'une wallbox. Le défi d'intégration au réseau - raccorder des charges de plusieurs mégawatts à des réseaux de distribution non dimensionnés pour cela - se situe à la jonction entre recharge, réseaux intelligents et stockage d'énergie.

Métiers de la recharge

Planification et développement de réseau

Avant qu'une borne existe, il faut trouver le site, obtenir le raccordement et décrocher les autorisations. Les responsables développement évaluent les emplacements potentiels - fréquentation, capacité réseau, proximité autoroutière, règles d'urbanisme - et négocient des baux avec les propriétaires fonciers. Les ingénieurs raccordement déposent les demandes auprès d'Enedis, spécifient la puissance nécessaire et coordonnent les renforcements d'infrastructure. Les chargés d'autorisation naviguent entre les services d'urbanisme municipaux et les procédures environnementales. En 2025, le recrutement européen dans le secteur a basculé de la croissance vers la livraison - les directeurs pays et les chefs de projet figuraient parmi les profils les plus recherchés.

Installation et mise en service

La catégorie qui emploie le plus de monde. En France, 19 500 des 24 000 emplois de la filière IRVE relèvent de l'installation et de la maintenance. Une étude ICCT estime que 78 000 des 160 000 emplois de la recharge aux États-Unis en 2032 seront dans l'installation électrique - un ratio transposable à l'Europe.

Les techniciens installateurs réalisent le diagnostic du site, posent le matériel, tirent les câbles, configurent les bornes et les mettent en service - test de la protection différentielle, vérification de la communication avec la plateforme backend, remise au client. Les ingénieurs de mise en service mettent en réseau les stations DC et ultra-rapides, testent les relais de protection et vérifient les courbes de puissance.

Two technicians in high-visibility vests installing a DC fast charger

Techniciens installant une borne de recharge rapide DC. Source : Elite Power Group / Pexels

Service terrain et maintenance

Les techniciens de maintenance itinérants interviennent sur un périmètre régional, diagnostiquant des pannes allant de problèmes logiciels et d'ingénierie réseau à des contacteurs défaillants et des câbles endommagés. Leur outillage comprend multimètres, analyseurs de puissance, kits de test IRVE et équipement de mesure cellulaire - une borne sans connexion de données ne peut ni authentifier les utilisateurs ni traiter les paiements.

Exploitation de réseau

Les réseaux de recharge sont supervisés depuis des centres de contrôle centralisés. Les ingénieurs NOC suivent la disponibilité des bornes, diagnostiquent les pannes à distance, déploient les mises à jour firmware et escaladent les problèmes matériels vers les équipes terrain. Les spécialistes en gestion d'énergie optimisent les profils de recharge pour minimiser la charge réseau et les coûts d'électricité - un enjeu critique pour la recharge de flottes en dépôt, où des dizaines de véhicules rechargent la nuit et la demande doit être lissée selon les tarifs. Ce travail se situe à la croisée des systèmes énergétiques et des opérations logicielles.

Logiciel et plateformes

Chaque borne publique communique avec un système de gestion central (CSMS) via OCPP - Open Charge Point Protocol. OCPP 2.1, publié en 2025, intègre le transfert bidirectionnel d'énergie (vehicle-to-grid) et le contrôle de ressources énergétiques distribuées. Les développeurs backend construisent les microservices de facturation, d'analytique, de mises à jour firmware et de roaming - l'interopérabilité qui permet à un client Electra de recharger sur une station Ionity. Les ingénieurs données travaillent sur les algorithmes d'optimisation énergétique et les modèles de maintenance prédictive. GIREVE, la plateforme française d'interopérabilité, connecte 695 000 points de recharge à travers l'Europe.

Hardware

Les ingénieurs en électronique de puissance conçoivent le coeur des bornes DC : étages de conversion AC-DC, correction du facteur de puissance et gestion thermique. C'est un profil persistamment difficile à recruter. Avec des bornes évoluant vers 400 kW et la capacité bidirectionnelle, la complexité technique augmente. Les ingénieurs firmware embarqué programment les contrôleurs internes : logique d'interface utilisateur, verrouillages de sécurité, protocoles de communication. Ces postes sont concentrés chez les fabricants - Schneider Electric, Alpitronic, ABB E-mobility, Kempower.

Station de recharge pour véhicules électriques sur l'aire de Saverne-Eckartswiller, autoroute A4, Alsace

Station de recharge sur l'aire de Saverne-Eckartswiller, autoroute A4, Alsace. Source : Cayambe / CC BY-SA 4.0

Graphique montrant la part de voitures électriques dans le parc automobile total par pays

Part des voitures électriques dans le parc en circulation. La Norvège mène avec plus de 25 %, la plupart des marchés restent sous 5 %. Version interactive. Source : Our World in Data / CC BY 4.0

Employeurs clés

Opérateurs de recharge

Énergéticiens avec division recharge

Fabricants de matériel

  • Schneider Electric - Rueil-Malmaison, ~160 000 salariés ; gamme EVlink du résidentiel au DC 180 kW ; entreprise française, leader mondial en gestion de l'énergie
  • ABB E-mobility - Zurich, ~1 400 salariés dans la division VE ; 1 million+ de bornes AC et 50 000+ bornes DC livrées dans 85+ pays ; équipe le réseau Ionity en France
  • Alpitronic - Bolzano, ~1 100 salariés ; Hypercharger, la borne HPC la plus déployée en Europe ; fournisseur d'Electra, Fastned et Allego en France
  • Kempower - Lahti (Finlande), ~800 salariés ; architecture modulaire de recharge rapide DC ; partenariat avec Mobilize (Renault) pour le déploiement en France
  • e-Totem - Saint-Étienne, fabricant ET opérateur français ; 12 000+ bornes installées en France ; intégration verticale de la production à l'exploitation

Logiciel et plateformes

  • GIREVE - Paris, plateforme nationale d'interopérabilité ; connecte 695 000 bornes en Europe ; produit le baromètre officiel de la recharge avec AVERE-France ; levée de 21,7 M€ en Série B (2024)
  • Monta - Copenhague, 231 salariés de 47 nationalités ; gère 165 000+ bornes commerciales ; expansion en France
  • Hubject - Berlin, premier réseau mondial d'eRoaming avec 1 million+ de bornes dans 70+ pays ; fondé par BMW, Bosch, Daimler, EnBW, innogy et Siemens

Recharge résidentielle et copropriétés

  • WAAT - Paris, 300 salariés dans 20 agences françaises ; 20 000 bornes en France ; levée de 100 M€ en 2025 (DWS, Bpifrance) ; CA de 70 M€ ; spécialisé copropriétés et parkings privés
  • ChargeGuru / Zeplug - Paris, ~166 salariés ; 15 000 immeubles équipés en France ; modèle clé en main (financement, installation, exploitation) ; fusion ChargeGuru-Zeplug en 2023, 240 M€ de financement

Électrification de flottes

  • Bump - Paris, filiale de La Poste ; ~114 salariés ; solutions B2B de recharge pour flottes ; La Poste exploite la plus grande flotte électrique d'Europe (7 000 VE)

Grille salariale

Poste France (EUR) Belgique (EUR) Pays-Bas (EUR)
Technicien installateur IRVE 23 000 - 31 500 45 600 - 77 500 27 500 - 66 000
Ingénieur électrique 42 500 - 76 000 45 000 - 75 800 46 000 - 96 000
Ingénieur logiciel (plateformes de recharge) 44 000 - 76 000 45 000 - 89 000 60 000 - 122 000
Chef de projet infrastructure de recharge 45 000 - 89 000 64 000 - 101 000 58 000 - 95 000
Ingénieur service terrain 42 000 - 63 400 47 000 - 85 000 43 800 - 75 100

Salaires bruts annuels. Les données pour les techniciens installateurs reflètent les niveaux débutant à expérimenté. Les ingénieurs logiciel couvrent les niveaux mid-level à senior. Les salaires belges bruts apparaissent plus élevés du fait des cotisations patronales les plus importantes d'Europe - le net se rapproche des niveaux français. L'Île-de-France affiche typiquement une prime de 10 à 20 % par rapport aux régions. Sources : Kolverr, PayScale, Glassdoor, SalaryExpert (2025-2026).

Conditions de travail

Les postes terrain sont physiques, mobiles et exposés aux intempéries. Techniciens installateurs et ingénieurs de maintenance se déplacent quotidiennement sur les sites, travaillant en extérieur quelles que soient les conditions. Les installations DC et ultra-rapides sont des chantiers : casque, chaussures de sécurité, gilet haute visibilité. Les systèmes DC haute tension (400-1 000 V) exigent des protocoles stricts : consignation/déconsignation, protection contre les arcs électriques et analyse des risques avant chaque intervention. Les postes de maintenance incluent des astreintes - une borne en panne sur une aire d'autoroute ne peut pas attendre lundi.

Les postes bureau et télétravail sont intensifs en connaissances. Développeurs, data analysts et personnel NOC travaillent en horaires standards, bien que l'exploitation réseau tourne en 24/7 par roulement. Les postes de développement de plateformes chez Monta, Electra ou Octopus Electroverse sont souvent en full remote, avec des équipes distribuées sur plusieurs pays. Les fonctions commerciales - développement de sites, business development, partenariats - impliquent des déplacements fréquents.

La diversité reste un défi. Les femmes représentent 27 % des effectifs du secteur électricité et gaz en France, et une proportion plus faible dans les métiers d'installation terrain. L'initiative Women in eMobility de ChargeUp Europe et l'association Women in Energy France travaillent à faire évoluer ces chiffres. Au niveau mondial, la part des femmes dans les renouvelables stagne à 32 % depuis 2019.

Row of Tesla Superchargers alongside Fastned fast-charging stations with solar canopy at a German highway stop

Tesla Supercharger et stations de recharge rapide Fastned à l'Alpincenter Wittenburg, Allemagne. Source : Migebert / CC BY-SA 3.0

Reconversions et passerelles

Depuis l'électricité du bâtiment - la voie la plus directe. Un électricien titulaire d'un CAP ou d'un Bac Pro MELEC peut obtenir la qualification IRVE P1 en quelques jours de formation. Plus de 150 lycées partenaires des Écoles des Réseaux pour la Transition Énergétique, lancées en 2023 par Enedis et RTE, préparent les Bac Pro MELEC et BTS Électrotechnique orientés vers les métiers du réseau. Le programme France 2030 Compétences et Métiers d'Avenir vise 400 000 formations annuelles d'ici 2030 dans les filières STEM.

Depuis les télécommunications et l'ingénierie réseau : OCPP - le protocole de communication borne-cloud - est structurellement comparable à la gestion de réseau télécom. Surveillance réseau, gestion des incidents, connectivité 4G/5G et intégration de systèmes se transposent directement aux rôles NOC et recharge intelligente.

Depuis le développement logiciel : développeurs backend, ingénieurs cloud et profils DevOps trouvent une application immédiate en développement CSMS, implémentation OCPP, intégration API et analytique de réseaux de recharge. Python, Kubernetes et architecture microservices sont directement pertinents. GIREVE, Electra et WAAT recrutent en continu à Paris.

Depuis le pétrole et le gaz : ingénieurs de mise en service, responsables HSE et chefs de projet apportent des compétences transférables en systèmes haute tension et conduite de grands projets. TotalEnergies illustre cette reconversion à l'échelle industrielle - le groupe convertit ses compétences pétrolières vers la recharge.

Bus, flottes et vehicle-to-grid : les fronts émergents

La RATP a mis en service son 1 000e bus électrique en février 2025. Le programme Bus2025 convertit les 25 centres bus à l'électrique et au biométhane, avec un objectif de 1 500 bus électriques en Île-de-France. Île-de-France Mobilités vise 5 000 bus électriques dans la région et une flotte 100 % propre d'ici 2029. Keolis exploite 123 bus électriques dans les Alpes-Maritimes et a lancé à Clermont-Ferrand la première ligne 100 % hydrogène de France. L'électrification des flottes crée une demande pour les spécialistes en gestion de flotte et en infrastructure de recharge en dépôt - des postes qui combinent gestion d'énergie, logistique et optimisation logicielle.

Bus électrique Heuliez GX 337 ELEC aux couleurs RATP Île-de-France Mobilités circulant dans une rue de Paris

Bus électrique Heuliez GX 337 ELEC de la RATP, ligne 92, Paris. Source : Mohamed SY / CC BY-SA 4.0

Le transport routier lourd suit la même trajectoire. La France a enregistré 852 immatriculations de camions électriques moyens en 2025 (+33 % sur un an), et le programme E-TRANS a soutenu 674 projets d'électrification. L'électrification des véhicules s'étend des bus et camions aux engins de chantier et agricoles - chaque véhicule électrifié nécessite une infrastructure de recharge adaptée.

Le vehicle-to-grid a franchi une étape en France. Fin 2024, Renault, Mobilize et The Mobility House ont lancé le premier produit V2G commercial pour particuliers : la Mobilize Powerbox, un chargeur bidirectionnel domestique compatible avec la Renault 5 E-Tech, R4, Mégane E-Tech, Scénic E-Tech et Alpine A290. Les clients réduisent leurs coûts de recharge de 50 % en moyenne en chargeant quand l'électricité est bon marché et en réinjectant quand les prix montent. La France est le premier pays avec un produit V2G commercialement disponible pour les consommateurs - une avance qui crée de nouvelles spécialisations en protocoles bidirectionnels, gestion dynamique de charge et couplage entre batteries de véhicules et réseaux intelligents.

Chargeur rapide bidirectionnel V2G pour véhicules électriques

Chargeur rapide bidirectionnel V2G. Source : Raysonho / CC0 1.0

L'infrastructure de recharge se situe au carrefour de l'énergie, du transport et de la technologie. Les spécialistes en intégration au réseau circulent entre recharge et réseaux intelligents. Les ingénieurs en électronique de puissance partagent des fondamentaux avec le stockage d'énergie et la conception de piles à combustible hydrogène. Ceux qui construisent cette infrastructure aujourd'hui accumulent une expertise que chaque marché en Europe recherchera demain.