Emplois en Systèmes SCADA dans les énergies renouvelables
Les métiers des systèmes SCADA dans les énergies renouvelables
Un système SCADA collecte en temps réel les mesures des éoliennes, onduleurs, postes électriques et batteries, et permet aux opérateurs de leur renvoyer des commandes. Il se pilote depuis le site ou depuis un centre de conduite à distance.
Ce n’est ni un tableau de bord de reporting ni une plateforme d’analyse : un SCADA démarre, arrête et bride la production, et le gestionnaire de réseau en dépend. Chaque actif en a besoin, et le parc éolien mondial, selon le GWEC et la Global Wind Organisation, doit atteindre 2,1 TW en 2030.
Ce que fait un ingénieur SCADA
Le travail se partage entre projets et exploitation. Sur un projet neuf, l’ingénieur conçoit le réseau de la centrale, configure les RTU, les automates et le contrôleur de centrale, affecte les signaux aux protocoles IEC 61850, IEC 60870-5-104, DNP3 ou Modbus, et construit les écrans de conduite. Il teste ensuite chaque signal de bout en bout avec le gestionnaire de réseau pendant la mise en service, car une valeur absente ou fausse peut retarder la mise sous tension. En France, un parc raccordé en HTA dialogue avec Enedis par un dispositif d’échange d’informations d’exploitation, le DEIE, par lequel transitent les consignes du distributeur.
En exploitation, il garde les données en circulation : dépannage des liaisons de communication, gestion des listes d’alarmes, mise à jour des configurations après un changement d’équipement, raccordement des données aux historiens et aux logiciels de suivi. Les opérateurs de salle de conduite utilisent le même système jour et nuit pour répondre aux consignes du réseau et envoyer les équipes d’exploitation et maintenance éolienne sur les pannes, ce qui explique que techniciens éoliens et opérateurs apparaissent à côté des ingénieurs SCADA dans ces offres.
Le métier se situe entre génie électrique, automatique et réseaux informatiques. Sa particularité dans les renouvelables tient à l’échelle et à la distance : un seul exploitant peut piloter des centaines de centrales par liaison louée, radio ou satellite, chacune mêlant des équipements de fabricants différents aux modèles de données différents.
La cybersécurité fait partie du poste
Le risque est devenu concret en février 2022. Lors de la cyberattaque contre le réseau satellitaire KA-SAT de Viasat, au début de l’invasion de l’Ukraine, 5 800 éoliennes Enercon en Allemagne, soit 11 GW, ont perdu leur surveillance et leur commande à distance. Les machines ont continué à produire en mode automatique, mais personne ne pouvait plus les voir ni les commander. Depuis, la directive européenne NIS2 étend les obligations de cybersécurité à davantage d’opérateurs d’énergie, et l’ingénieur SCADA doit concevoir des réseaux segmentés, sécuriser l’accès distant et appliquer les correctifs sans arrêter la production. Ceux qui maîtrisent les deux domaines alimentent les postes en cybersécurité industrielle.
Qui recrute
Les propriétaires et exploitants recrutent le plus. NextEra Energy, Ørsted, Clearway Energy Group, EDP Renewables, Invenergy et Scottish Power font tourner de grands centres de conduite à distance et emploient ingénieurs, analystes et opérateurs pour les faire fonctionner. Des éditeurs comme Power Factors, à Scottsdale en Arizona, intègrent les données SCADA de centrales appartenant à de nombreux propriétaires, tandis que le bureau d’ingénierie Ulteig et l’ensemblier Terabase Energy recrutent pour les projets. En Europe, Glasgow, Madrid, Séville, Gentofte près de Copenhague et Athènes publient le plus d’offres.
Les profils les plus recherchés savent à la fois lire un plan de protection électrique, configurer un pare-feu industriel et écrire un script Python qui vérifie mille signaux à la place d’un technicien. Les ingénieurs qui viennent de l’automatisme industriel classique trouvent ici davantage de sites, plus dispersés, et des exigences réseau plus fortes que dans une usine.
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