Emplois en Exploitation d’installations énergétiques dans les énergies renouvelables
Les métiers de l’exploitation d’installations énergétiques dans les énergies renouvelables
L’exploitation d’installations énergétiques désigne la conduite quotidienne des centrales et chaufferies : démarrer, surveiller et arrêter chaudières, turbines, pompes et réseaux de chaleur, en salle de commande ou en quart.
Les parcs éoliens et solaires se pilotent à distance, si bien que ces postes se concentrent là où une présence humaine reste nécessaire jour et nuit : chaufferies et réseaux de chaleur, biomasse, géothermie, hydroélectricité et incinération avec récupération d’énergie. En France, 116 incinérateurs produisaient de la chaleur ou de l’électricité à partir des déchets en 2023, dont environ deux tiers en cogénération, et chacun tourne avec des équipes postées.
Ce que recouvre le travail
Les intitulés les plus fréquents sont opérateur de centrale et opérateur de salle de commande, puis responsable d’exploitation, chef de quart et, dans les annonces allemandes, Mitarbeiter:in im Kraftwerksschichtbetrieb, l’équipe tournante d’une centrale. Le travail consiste à conduire un procédé sous contrainte de temps : lire l’instrumentation, ajuster le débit de combustible, les pressions et les températures, délivrer les autorisations de travail et transmettre une installation stable à l’équipe suivante. Les opérateurs travaillent avec les équipes de maintenance pendant les arrêts et s’appuient sur le SCADA et le contrôle-commande pour tout ce qu’ils ne voient pas directement. Les électriciens et instrumentistes postés, fréquents dans les offres, brouillent la frontière entre conduite et dépannage.
Qui recrute
Le premier employeur de cette page est BEW Berliner Energie und Wärme, ce qui explique la place de Berlin en tête des villes. BEW exploite environ deux douzaines de centrales de chaleur et 2 000 kilomètres de réseau avec quelque 2 000 salariés, et doit sortir du charbon d’ici 2030. Les remplaçants comptent une pompe à chaleur de 70 MW sur les eaux usées de Reuter West, une chaudière biomasse de 90 MW prévue d’ici la fin de la décennie et une turbine à vapeur alimentée par la chaleur d’un incinérateur. Cette conversion ajoute des équipements au lieu d’en retirer, et chaque nouvelle unité s’ajoute à ce que conduit une équipe de quart.
En France, les exploitants de réseaux de chaleur comme Dalkia, Engie Solutions, Coriance ou Idex, ainsi qu’EDF Hydro et la Compagnie nationale du Rhône pour l’hydroélectricité, forment le gros du marché. En Australie, Snowy Hydro recrute des opérateurs à Khancoban et Cooma. Aux États-Unis, le géothermicien Ormat Technologies exploite des centrales autour de Reno, Eagle Creek Renewable Energy des centrales hydroélectriques sur rivière, et NextEra Energy, Ameresco, Vicinity Energy et le producteur de granulés Enviva publient régulièrement des offres. Wärtsilä et GETEC recrutent pour des centrales à moteurs et des sites énergétiques industriels qu’ils exploitent pour leurs clients.
Compétences transférables
Les opérateurs de centrales au charbon, au gaz ou au fioul comptent parmi les meilleurs candidats, car le cœur du métier est le même : maintenir un procédé thermique stable et sûr, appliquer les procédures de consignation et de manœuvre, tenir un rythme en trois-huit. Ce qui change, c’est le procédé. La biomasse apporte un combustible de qualité variable et la gestion des cendres, la géothermie la chimie des saumures et les gaz incondensables, l’hydroélectricité les contraintes de débit fixées par les concessions et les règlements d’eau.
L’automatisation réduit le nombre d’opérateurs par site, mais n’a fait disparaître l’équipe de quart d’aucune installation qui brûle un combustible ou fait tourner une turbine hydraulique. Les opérateurs capables de conduire un site hybride, qui associe chaudière, pompes à chaleur, chaudière électrique et stockage thermique, ont un net avantage sur ceux qui ne connaissent qu’une technologie.
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