Emplois dans les énergies renouvelables · Ingénierie des données
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L’ingénierie des données dans les énergies renouvelables
Les ingénieurs data construisent et maintiennent les chaînes de traitement qui acheminent les relevés de compteurs, la télémétrie des turbines et les prix de marché vers les bases de données et les modèles d’une entreprise énergétique moderne. Dans les renouvelables, le volume fait tout le métier : Enedis a posé près de 37 millions de compteurs Linky fin 2024, chacun produisant un flux de données qu’il faut ingérer, nettoyer et stocker avant de prévoir la demande ou d’émettre une facture.
C’est ce volume qui distingue l’ingénierie des données de l’énergie de sa version générique. Avec ces 37 millions de compteurs communicants, soit près de 95 % du parc, Enedis suit en temps réel l’état de 750 000 km de lignes : tension, qualité du courant et anomalies remontent automatiquement. Devenir un « opérateur de données » est d’ailleurs l’un des grands chantiers de l’entreprise, qui prévoit 3 000 recrutements par an jusqu’en 2030.
En quoi consiste le travail
Le cœur du métier est ingrat et indispensable : ingérer des signaux SCADA, des prévisions météo et des données de comptage, les rapprocher de référentiels en désordre, puis livrer des jeux de données propres et versionnés aux analystes et aux équipes de science des données. Sur les parcs éoliens et solaires, cela revient à composer avec la dérive des capteurs, les trous et les horodatages en double de milliers d’équipements. Côté marché, il faut une latence inférieure à la seconde pour qu’une centrale électrique virtuelle et les systèmes d’équilibrage réagissent aux prix courants plutôt qu’à des prix périmés. La plupart des offres demandent SQL, Python, un moteur de traitement distribué comme Spark ou Flink, et de l’orchestration avec Airflow ou Dagster.
Qui recrute
La demande se répartit entre trois types d’employeurs. Les gestionnaires de réseau et grands énergéticiens - Enedis, EDF et RTE en France, Vattenfall à l’étranger - recrutent des ingénieurs data pour moderniser des systèmes de comptage et de gestion d’actifs vieux de plusieurs décennies. Les éditeurs de logiciels pour l’énergie font de la plateforme de données le produit lui-même : chez Octopus Energy, la plateforme Kraken traite plus de 300 millions de relevés par jour dans 17 pays, et son équipe data est passée de 15 personnes en 2021 à plus de 700 en 2025. S’y ajoutent les start-up climatiques, où une équipe de trois personnes porte toute l’activité.
Salaires et perspectives
Les postes s’affichent sobrement en Data Engineer ou Senior Data Engineer, les titres de Staff et Platform Engineer occupant le sommet. En France, un profil data débute autour de 40 000 € par an et atteint 65 000 € avec de l’expérience, davantage pour les spécialistes big data et IA. La prime récompense la connaissance du secteur : savoir ce qu’est un pas de règlement d’une demi-heure, pourquoi l’écrêtement (l’arrêt volontaire d’une production que le réseau ne peut absorber) apparaît comme des données manquantes, ou comment se règlent les marchés d’équilibrage.
La direction est claire : vers le temps réel et vers l’IA. À mesure que l’IA pour l’énergie et l’apprentissage automatique passent des pilotes à la prévision de consommation et à la maintenance prédictive, le goulet d’étranglement est rarement le modèle lui-même ; c’est la fiabilité des données qui l’alimentent. C’est pourquoi les ingénieurs qui bâtissent ces fondations, aux côtés des spécialistes de l’analytique énergétique qui les exploitent, comptent parmi les recrutements les plus difficiles du secteur.
Dernière mise à jour le juil. 2, 2026 | Signaler un problème