Les réseaux électriques relient la production à la prise : lignes à haute tension, postes de transformation, réseau de distribution et compteurs, exploités par RTE, Enedis et les distributeurs locaux. Le réseau ne produit rien et n’est donc pas une énergie renouvelable. C’est pourtant lui qui fixe le rythme auquel parcs solaires, éoliennes, batteries, bornes de recharge et centres de données peuvent se brancher. Enedis a réalisé 584 000 raccordements et mises en service en 2025, soit un toutes les 54 secondes. Derrière chacun il y a des monteurs, des techniciens et des chargés d’études, et ce sont eux qui manquent. La filière compte plus de 120 000 emplois et doit recruter près de 43 000 personnes entre 2025 et 2030 sur ses métiers cœurs, alors que 81 % des employeurs disent déjà avoir de fortes difficultés à recruter.

Raccordements : la file d’attente des data centers et de l’industrie
Le réseau français a été dessiné pour acheminer l’électricité de quelques grandes centrales vers les consommateurs. Il doit désormais absorber des milliers de producteurs décentralisés et une nouvelle vague de consommation. Mi-2026, les projets d’industrie lourde, d’hydrogène et de centres de données avaient déjà contracté 33 GW d’accès au réseau de transport. Les data centers représentent 53 % de ces projets et 72 % de la puissance, et ils pèsent plus de 85 % des 3,8 GW contractés au premier semestre 2026.

La géographie de ces demandes dessine celle des chantiers. RTE avait réservé en mai 2026 près de 18 GW pour environ 80 projets de data centers, dont environ 7 GW en Île-de-France et 6 GW dans les Hauts-de-France. Le gestionnaire prévoit aussi 9 GW de capacité supplémentaire d’ici 2029 autour de Dunkerque, du Havre et de Fos-sur-Mer. Pour sortir de l’engorgement, RTE est passé à une logique de « premier prêt, premier servi » et propose des contrats accélérés : le campus d’IA de Fouju, en Seine-et-Marne, doit être raccordé par étapes jusqu’à 1,4 GW.
La production attend elle aussi. La CRE chiffre la file d’attente des producteurs dans les schémas régionaux de raccordement (S3REnR) à environ 46 GW, plus 13 GW de batteries, et note que seules 15 % des demandes de raccordement industrielles ont atteint le stade des travaux. En juillet 2026, le régulateur a approuvé une procédure de raccordement révisée qui oblige les distributeurs à partager les données de leurs files d’attente avec RTE. Chaque dossier de ces files est une étude, un poste ou une liaison souterraine que quelqu’un doit concevoir et construire.
Le réseau déborde aussi par l’autre bout. Selon le bilan électrique 2025 de RTE, la France a connu 513 heures à prix négatifs (contre 352 en 2024) et la modulation du solaire et de l’éolien pendant ces heures a doublé, à environ 3 TWh. Le pays a exporté le chiffre record de 92,3 TWh. Ces surplus se gèrent en temps réel, et c’est le terrain des métiers de la flexibilité décrits plus bas.

Derniers emplois Réseaux et fournisseurs d’énergie
RTE, Enedis et le TURPE : des investissements fixés pour des années
RTE exploite plus de 106 000 km de lignes à haute et très haute tension avec 10 000 salariés. En 2025, il a investi 3,35 milliards d’euros, 29 % de plus qu’en 2024 et plus du double d’il y a quatre ans. Le renouvellement en est le premier poste, avec 1,3 milliard d’euros, et RTE rappelle que 45 % de son réseau aérien a été construit entre les années 1920 et 1970. À plus long terme, la CRE estime le schéma décennal de développement du réseau (SDDR) à un ordre de grandeur de 100 milliards d’euros d’ici 2040, avec un rythme qui passe d’environ 3 milliards par an en 2025 à 8 milliards en 2040. Dans le scénario de référence de RTE, le raccordement de l’éolien en mer en représente 37 milliards.
Enedis gère 1,4 million de kilomètres de réseau avec 42 000 salariés. Le distributeur a investi 5,7 milliards d’euros en 2025 et prévoit 6,8 milliards en 2030. Il a construit 18 100 km de réseau neuf et renouvelé 12 500 km en 2025, et vise 20 000 km de réseau neuf par an en 2030. Côté emploi, Enedis a recruté 3 100 personnes en 2025, dont 1 400 alternants, et annonce environ 3 000 recrutements par an de 2026 à 2028.
Ces montants ne dépendent pas du prix de l’électricité. Ils sont financés par le tarif d’utilisation des réseaux (TURPE), payé sur chaque facture et fixé par la CRE pour quatre ans. Le TURPE 7, en vigueur depuis le 1er août 2025, porte les investissements de RTE de 2,1 milliards d’euros en 2023 à 6,2 milliards en 2028, et ceux d’Enedis de 5 à 7 milliards. Pour un candidat, c’est la meilleure garantie de stabilité du secteur de l’énergie : les gestionnaires de réseau embauchent sur un programme validé des années à l’avance et licencient rarement.
Les entreprises locales de distribution (ELD) complètent le paysage. On en comptait 132 au 1er janvier 2024, qui distribuent environ 5 % de l’électricité, d’Électricité de Strasbourg à Gérédis dans les Deux-Sèvres, en passant par SRD dans la Vienne, GEG à Grenoble ou UEM à Metz. Ces régies et sociétés d’économie mixte recrutent les mêmes profils qu’Enedis, avec des équipes plus petites et souvent plus polyvalentes.
Métiers et postes
Un grand gestionnaire de réseau emploie presque tous les profils décrits ci-dessous en même temps, du monteur dans une nacelle au comptable qui prépare le dossier tarifaire. Les offres d’emploi dans les réseaux et chez les fournisseurs d’énergie mêlent donc électriciens, ingénieurs, analystes et conseillers clientèle.

Monteurs de lignes et de réseaux souterrains
Les monteurs de réseaux aériens construisent et réparent les lignes sur poteaux et pylônes, hors tension ou parfois sous tension. Les monteurs de réseaux souterrains font le même travail sous la chaussée : ils tirent, raccordent et terminent les câbles moyenne tension dans les tranchées et les postes. C’est le métier le plus demandé de la filière. Selon l’étude sur les besoins en emplois de la filière des réseaux électriques, les monteurs passeront à 27 000 emplois en 2030, soit 70 % de plus, et représentent plus de 30 % des besoins de recrutement. Ces postes figurent dans les offres de travaux sur lignes et câbles électriques et de haute tension, publiées par Enedis, RTE et leurs entreprises de travaux.
Postes électriques et protection
Les ingénieurs et techniciens en ingénierie de postes électriques conçoivent, construisent et entretiennent les nœuds où la tension change entre transport et distribution. Les postes se numérisent : des équipements électroniques intelligents remplacent les relais électromécaniques, et la fibre optique remplace le câblage cuivre selon la norme IEC 61850. Les profils capables de faire cohabiter l’ancien matériel et l’architecture numérique sont parmi les plus difficiles à trouver.

Les spécialistes des systèmes de protection et de contrôle-commande règlent et testent les relais qui détectent un défaut et isolent la portion touchée en quelques millisecondes. Une protection mal réglée laisse passer le défaut et risque d’endommager le matériel, ou déclenche sans raison et coupe des milliers de clients. Le métier alterne calculs de court-circuit et de sélectivité au bureau et mises en service sur site. Les liaisons en courant continu HVDC, indispensables au raccordement de l’éolien en mer, ajoutent l’ingénierie des stations de conversion, une compétence concentrée chez quelques constructeurs.
Études, planification et raccordement
Les planificateurs décident où le réseau doit grandir. Ils calculent les flux de puissance et les courants de court-circuit, estiment combien de panneaux solaires, de pompes à chaleur ou de bornes un départ peut accepter, et montent les dossiers d’investissement que valide la CRE. Le socle est l’étude des systèmes énergétiques, mais les intitulés varient : chargé d’études réseau, ingénieur développement réseau, ingénieur en modernisation du réseau.
Les chargés de raccordement au réseau se trouvent en première ligne de la file d’attente décrite plus haut. Ils transforment une demande en proposition technique et financière, avec un délai, un coût et souvent une puissance limitée. Dans tout le transport et la distribution d’électricité, c’est le poste où la saturation du réseau devient une charge de travail quotidienne.
Conduite du réseau et systèmes industriels
Les opérateurs de conduite de RTE et des agences de conduite régionales d’Enedis pilotent le réseau en continu. Ils manœuvrent les ouvrages pour les travaux, rétablissent l’alimentation après un incident et participent à l’équilibrage du réseau quand la production solaire et éolienne varie. Une erreur de manœuvre peut mettre en danger une équipe sur une ligne, d’où une longue formation encadrée avant de tenir un pupitre seul.
Derrière eux travaillent les ingénieurs SCADA, qui maintiennent les systèmes de supervision reliés à des milliers d’équipements, et les spécialistes de la cybersécurité des systèmes industriels. Un automate de poste ne se redémarre pas comme un serveur de bureau, et la directive européenne NIS2 a fait de sa protection une obligation légale pour les opérateurs d’énergie.
Comptage et données
Le compteur est le point de contact entre le réseau et le client. Enedis en a posé 38,4 millions de compteurs Linky, et le déploiement de masse est terminé. Le travail se déplace donc vers les données de mesure : ingénieurs data qui exploitent les courbes de charge pour repérer les défauts, développeurs des plateformes de comptage, analystes qui préparent la facturation de l’autoconsommation collective et les échanges avec les fournisseurs.

Flexibilité, marchés et négoce
La flexibilité coûte moins cher qu’une nouvelle ligne : un client est payé pour décaler ou réduire sa consommation quand le réseau est contraint. Les responsables d’effacement de consommation recrutent des sites industriels et montent ces programmes, tandis que les opérateurs de centrales électriques virtuelles agrègent batteries, cogénérations et charges pilotables en un seul actif. Voltalis équipe ainsi plus de 300 000 foyers de boîtiers qui modulent le chauffage. Le parc solaire et éolien participe lui aussi davantage : fin 2025, 5,6 GW étaient intégrés au mécanisme d’ajustement, près de dix fois plus qu’un an plus tôt. Les mêmes compétences servent aux ressources énergétiques décentralisées, aux microréseaux des zones non interconnectées d’outre-mer et à la recharge bidirectionnelle des véhicules.
À l’autre bout de la chaîne, les équipes de négoce d’énergie des fournisseurs, des agrégateurs et des propriétaires de batteries achètent et vendent l’électricité sur les marchés journalier, infrajournalier et d’ajustement. Leurs annonces demandent de plus en plus souvent Python et l’optimisation en plus de la connaissance des règles de marché. Les spécialistes de l’économie de l’énergie prévoient les prix, conçoivent les offres tarifaires et chiffrent les dossiers présentés au régulateur.
Fonctions support
Une grande part des salariés d’Enedis, de RTE et des fournisseurs ne touche jamais un câble : comptables et contrôleurs de gestion, ressources humaines, achats, informatique et service client. Comme la CRE fixe les recettes des gestionnaires de réseau pour plusieurs années, les équipes de régulation et de conformité réglementaire ont un poids direct : leurs dossiers décident de ce que l’entreprise pourra investir et facturer.
Salaires en France
| Poste | France (brut annuel) |
|---|---|
| Technicien réseau électrique | 22 000 - 39 500 € |
| Monteur de réseaux électriques | 33 000 € (moyenne) |
| Technicien de maintenance | 28 000 - 50 000 € |
| Chargé d’affaires en électricité | 31 500 - 52 500 € |
| Automaticien, contrôle-commande | 32 000 - 60 000 € |
| Chef de projet en ingénierie | 38 000 - 75 000 € |
Salaires bruts annuels fixes, hors primes et variable. Techniciens, monteurs et chargés d’affaires : moyennes et fourchettes calculées par Indeed sur les offres publiées en France ces 36 derniers mois, mises à jour en octobre 2026 (technicien réseau électrique, monteur réseau électrique, chargé d’affaires électricité). Technicien de maintenance, automaticien et chef de projet : étude de rémunérations 2027 de Michael Page pour l’Île-de-France (technicien de maintenance, automaticien, chef de projet), avec des niveaux inférieurs de 10 à 15 % dans la plupart des autres régions. Les astreintes, le travail posté et les primes d’intervention ne sont pas compris.
Les chiffres d’ensemble cachent un point propre au secteur. Chez RTE, Enedis et la plupart des ELD, les salariés relèvent du statut des industries électriques et gazières (IEG), créé en 1946. Il apporte une grille salariale nationale, un régime de retraite spécifique géré par la CNIEG et un tarif réduit sur l’électricité du foyer, le « tarif agent ». Ces avantages s’ajoutent au salaire et n’apparaissent pas dans les chiffres du tableau. De l’autre côté du Rhin, un monteur de lignes aériennes allemand touche 33 000 à 49 000 euros bruts par an, une piste réelle pour les frontaliers d’Alsace et de Moselle.
Conditions de travail
La conduite du réseau ne s’arrête jamais. Les opérateurs travaillent en quart, de jour comme de nuit, week-ends et jours fériés compris. L’essentiel du temps se passe devant des écrans, mais une tempête peut transformer une nuit calme en heures de manœuvres d’urgence. Les primes de quart rendent ces postes mieux payés que leurs équivalents de jour.
Le terrain est physique, en extérieur et souvent en hauteur. Les monteurs montent aux poteaux ou travaillent en nacelle par tous les temps, les équipes souterraines passent leurs journées en fouille. Avant chaque intervention en haute tension, la consignation, la mise à la terre et l’analyse de risques sont obligatoires. Après une tempête, les journées s’enchaînent et les équipes partent en renfort dans d’autres régions. L’astreinte fait partie du contrat dans la plupart des postes d’exploitation.
Dans les grandes entreprises, la majorité des salariés travaillent pourtant au bureau. Chargés d’études, chargés de raccordement, analystes, traders et fonctions support ont des horaires classiques et souvent du télétravail partiel, même si les ingénieurs se rendent sur les chantiers pour connaître les ouvrages qu’ils conçoivent. Le télétravail complet se trouve surtout chez les agrégateurs et les éditeurs de logiciels.
Le secteur reste très masculin. L’étude sur les besoins de la filière évalue la part des femmes à 14 % dans les entreprises de la transition énergétique, et elle est plus faible encore sur le terrain. RTE affiche un index d’égalité professionnelle de 99 sur 100 pour 2025, et la filière finance un programme de mentorat pour 600 femmes.
Formation et qualifications
Pour le terrain, la voie classique passe par le CAP électricien, le bac pro Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés (MELEC) et le BTS Électrotechnique. Le programme des Écoles des réseaux pour la transition énergétique, lancé en 2023 par Enedis, RTE et les organisations professionnelles, s’appuie sur plus de 150 lycées qui préparent ces diplômes avec un contenu réseau renforcé. En novembre 2025, dix partenaires dont Enedis, RTE, Nexans et France Travail ont lancé le consortium Écoles des réseaux 2030, doté de 22 millions d’euros, dont 9 millions de France 2030. Il prévoit de nouveaux cursus de monteurs, quinze plateaux techniques et des actions auprès de 320 000 collégiens.
Quel que soit le diplôme, aucun électricien ne travaille sans habilitation électrique selon la norme NF C 18-510. C’est l’employeur qui la délivre, après une formation et un avis du médecin du travail. La lettre indique le domaine de tension (B pour la basse tension, H pour la haute tension), le chiffre le rôle (1 pour l’exécutant, 2 pour le chargé de travaux) et une dernière lettre la nature de l’opération, par exemple C pour la consignation ou T pour les travaux sous tension.
L’alternance est la porte d’entrée la plus directe : Enedis a accueilli 1 400 alternants en 2025, du CAP au diplôme d’ingénieur. Côté ingénieurs, les écoles qui forment au génie électrique et aux réseaux, comme Grenoble INP - Ense3, membre du consortium, CentraleSupélec ou l’ENSEEIHT à Toulouse, alimentent les bureaux d’études. Des formations à la norme IEC 61850, la certification GICSP pour la cybersécurité industrielle et les formations constructeurs de Schneider Electric, Siemens ou Hitachi Energy sur les protections aident à se spécialiser.
Se reconvertir depuis un secteur voisin
La filière recrute hors de ses viviers parce que ses écoles ne suffisent pas. France Travail estime ses besoins à 15 000 monteurs, 5 000 chefs de chantier et 3 000 ingénieurs électriciens, et les entreprises forment elles-mêmes.
Depuis le bâtiment et l’électricité industrielle. C’est la passerelle la plus directe. Un électricien titulaire d’un CAP ou d’un bac pro peut commencer par le comptage ou la maintenance de postes, puis évoluer vers la haute tension grâce aux habilitations délivrées par son nouvel employeur. Les conducteurs de travaux du BTP passent sans difficulté à la direction de chantiers de réseaux.
Depuis l’industrie, le nucléaire et le ferroviaire. Opérateurs de salle de commande, automaticiens et responsables HSE apportent l’habitude du travail posté, des procédures de consignation et des systèmes de contrôle-commande. Les électrotechniciens de la traction ferroviaire et des réseaux industriels passent aux protections ou aux études après une courte adaptation.
Depuis l’informatique et les télécoms. Ingénieurs réseau, développeurs et spécialistes de la sécurité trouvent leur place dans les systèmes SCADA, les données de comptage et la cybersécurité. Les flux de puissance, les codes de réseau et le règlement des marchés s’apprennent en poste, et les employeurs l’acceptent parce que les profils logiciels sont plus rares que les experts du réseau.
Depuis la finance, le conseil et l’administration. Économistes, analystes financiers et acheteurs rejoignent la régulation, la finance et les achats des gestionnaires de réseau, où la connaissance du TURPE compte souvent davantage qu’un diplôme d’électrotechnique.
Travailler en Allemagne et au Benelux
Pour un Alsacien, un Lorrain ou un Nordiste, le marché du réseau ne s’arrête pas à la frontière. L’Allemagne mène le plus gros programme d’Europe : ses quatre gestionnaires de transport chiffrent l’extension de leur réseau à 360 à 390 milliards d’euros d’ici 2045, et TenneT a investi à lui seul 9,9 milliards d’euros en Allemagne en 2025. Les distributeurs allemands recrutent les mêmes monteurs et chargés d’études, mais presque toujours en allemand.

Les Pays-Bas offrent le cas le plus aigu de saturation. Mi-2025, 14 044 demandes de gros consommateurs pour 9,1 GW attendaient chez les gestionnaires régionaux. TenneT, Alliander, Enexis et Stedin recrutent à tous les niveaux, avec des salaires fixés par la convention CAO Netwerkbedrijven, qui les a augmentés trois fois de 2 % entre juillet 2025 et juillet 2026. En Belgique, Elia exploite le réseau de transport et possède aussi l’allemand 50Hertz.
Principaux employeurs
Gestionnaires de réseau
- RTE - La Défense, gestionnaire du réseau de transport, 10 000 salariés et plus de 106 000 km de lignes, 3,35 Md€ investis en 2025
- Enedis - La Défense, gestionnaire du réseau de distribution sur la majeure partie du territoire, 42 000 salariés, environ 3 000 recrutements par an jusqu’en 2028
- Électricité de Strasbourg - Strasbourg, principale entreprise locale de distribution, filiale d’EDF
- Gérédis Deux-Sèvres - Niort, distributeur local du groupe Séolis
- SRD - Poitiers, distributeur local du groupe Sorégies dans la Vienne
Équipementiers et câbliers
- Nexans - La Défense, câblier, contrat-cadre de 600 M€ avec Enedis pour 2026-2032, produit surtout à Bourg-en-Bresse
- Schneider Electric - Rueil-Malmaison, logiciels de conduite des réseaux de distribution et matériel moyenne tension, important site à Grenoble
- GE Vernova - États-Unis, activité Grid Solutions avec plusieurs sites en France, postes et logiciels de réseau
- Hitachi Energy - Suisse, transformateurs et liaisons HVDC, fournisseur de transformateurs d’Enedis
- Siemens Energy - Allemagne, son activité Grid Technologies a enregistré plus de 21 Md€ de commandes lors de l’exercice 2025
- Sagemcom - Bois-Colombes, fabricant de compteurs Linky
Entreprises de travaux
- Omexom - marque de Vinci Energies pour la production, le transport et la distribution d’électricité
- SPIE - Cergy, services multitechniques, travaux de réseaux et de postes
- Eiffage Énergie Systèmes - Vélizy, réseaux électriques et installations industrielles
Flexibilité et agrégation
- Voltalis - Paris, effacement résidentiel, plus de 300 000 foyers équipés
- Energy Pool - Le Bourget-du-Lac, effacement industriel et services au système électrique
- Next Kraftwerke - Allemagne, l’une des plus grandes centrales électriques virtuelles d’Europe, propriété de Shell
Les réseaux et les autres secteurs de l’énergie
Le réseau est le point commun de tous les secteurs de l’énergie propre. Les centrales solaires et les parcs éoliens ne vendent rien sans raccordement, le stockage d’énergie en dépend pour se charger, et les pompes à chaleur et bornes du secteur de l’électrification et de l’efficacité énergétique ajoutent de la consommation. Plus la part des renouvelables augmente, plus les chargés d’études, les opérateurs de conduite et les spécialistes de la flexibilité ont de travail.

Passer d’un secteur à l’autre est donc facile. Les ingénieurs en électronique de puissance travaillent sur les convertisseurs de réseau, de batteries et de bornes rapides, car la technologie est la même. Les chargés de raccordement passent chez les développeurs solaires et éoliens, et inversement, et les spécialistes de la gestion de l’énergie circulent entre agrégateurs, fournisseurs et grands sites industriels.
Perspectives à l’horizon 2030
Les chiffres vont tous dans le même sens. Enedis passera de 5,7 à 6,8 milliards d’euros d’investissement par an d’ici 2030, RTE triplera son rythme d’investissement par rapport à 2024 et prévoit que 8 000 à 10 000 embauches seront nécessaires chez ses fournisseurs industriels. Dans le monde, l’AIE estime que les effectifs des réseaux, environ 8 millions de personnes, doivent croître de 1,5 million d’ici 2030, alors que 1,4 salarié approche de la retraite pour chaque jeune qui entre dans ces métiers. Les 33 GW réservés par l’industrie et les data centers et les 46 GW de producteurs en attente ne sont pas un engorgement passager : c’est le carnet de commandes d’une décennie de postes, de câbles et de quarts en salle de conduite.