L’électrification et l’efficacité énergétique consistent à faire passer le chauffage, les transports et l’industrie à l’électricité, et à réduire l’énergie que gaspillent bâtiments et usines. Ce n’est pas une énergie renouvelable, mais c’est ce secteur qui décide combien chaque kilowattheure propre fait réellement baisser les émissions. En France, le calcul est plus favorable qu’ailleurs : l’électricité produite en 2025 était bas-carbone à 95,2 %, et le pays en a exporté un record de 92,3 TWh. Une pompe à chaleur qui remplace une chaudière au fioul ou une voiture électrique qui remplace un diesel utilisent donc presque immédiatement une électricité décarbonée. Le travail est surtout manuel : dans le monde, l’efficacité énergétique occupait 14,3 millions de personnes en 2024, aux trois quarts dans le bâtiment, et ce sont des chauffagistes, des électriciens et des auditeurs que les entreprises recherchent d’abord, bien plus que des ingénieurs.

Pourquoi électrifier et économiser réduit les émissions
Les éoliennes et les panneaux solaires remplacent le combustible des centrales. La plus grande partie de l’énergie se brûle pourtant ailleurs : dans les moteurs, les chaudières au gaz ou au fioul et les fours industriels. Tant que ces équipements ne passent pas à l’électricité, l’électricité propre n’a rien à remplacer. L’AIE rappelle qu’une voiture électrique est deux à quatre fois plus efficace qu’une voiture thermique et qu’une pompe à chaleur restitue plus de chaleur qu’elle ne consomme d’électricité. Enedis prévoit que la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie en France passera de 27 % aujourd’hui à 34 % en 2030, avec deux voitures neuves sur trois électriques et un million de pompes à chaleur supplémentaires.
L’efficacité est l’autre moitié du sujet. Un kilowattheure qu’un bâtiment ne consomme plus n’a pas à être produit ni transporté. Le monde avance lentement : l’intensité énergétique s’est améliorée d’environ 1,8 % en 2025, loin des 4 % par an promis à la COP28. C’est pourquoi une si grande part des emplois de ce secteur découle de la loi. La directive européenne sur l’efficacité énergétique impose une baisse de 11,7 % de la consommation finale d’ici 2030 par rapport aux projections antérieures, et la France la traduit en obligations d’audit, en aides à la rénovation et en certificats d’économies d’énergie.
Derniers emplois Électrification et efficacité énergétique
Combien de personnes travaillent dans le secteur
Sur les 14,3 millions de personnes que l’AIE compte dans l’efficacité énergétique dans son rapport World Energy Employment 2025, 10,6 millions travaillent dans le bâtiment : près de 6 millions dans les appareils et l’éclairage performants, environ 3,9 millions dans les pompes à chaleur et autres équipements de chauffage et de froid efficaces, et quelque 850 000 dans la rénovation. L’efficacité industrielle en emploie 3,6 millions de plus. L’Europe en compte environ 3,3 millions.
La recharge des véhicules électriques reste beaucoup plus petite. Selon ChargeUp Europe, l’industrie européenne de la recharge emploie directement près de 60 000 personnes. La statistique française ne publie pas de total pour ce secteur. Les meilleurs repères sont ceux des fabricants de chauffage, présentés plus bas, et les offres d’emploi dans l’électrification et l’efficacité énergétique, qui montrent qui recrute en ce moment.
Pompes à chaleur : premier marché d’Europe
La France est le premier marché européen des pompes à chaleur, avec 528 000 appareils vendus en 2025, devant l’Italie. Ce total cache un marché heurté. Les ventes de pompes à chaleur air-eau, celles qui remplacent une chaudière, ont encore reculé de 1,8 % en 2025 après une chute de plus de 40 % entre 2023 et 2024. Les pompes à chaleur géothermiques ont perdu 6,2 %, freinées selon Uniclima par le manque de foreurs qualifiés.
L’industrie française pèse pourtant lourd. Les adhérents d’Uniclima exploitent 87 usines et emploient 23 500 personnes en direct, dont 12 500 en production. Le gouvernement a lancé en avril 2024 un plan pour produire un million de pompes à chaleur en France d’ici 2027 et former 30 000 installateurs supplémentaires. Le projet de troisième stratégie nationale bas-carbone, publié en décembre 2025, vise 8,8 millions de pompes à chaleur installées d’ici 2030. Depuis septembre 2026, une bonification des certificats d’économies d’énergie favorise les appareils fabriqués en Europe.
Métiers des pompes à chaleur
Les installateurs, chauffagistes et frigoristes posent l’unité extérieure, raccordent le circuit frigorifique ou hydraulique, dimensionnent le ballon et les émetteurs et câblent la régulation. Le métier mêle plomberie et tuyauterie et électricité, et toute manipulation de fluide frigorigène exige une attestation de capacité. Pour que leurs clients touchent les aides, les entreprises doivent en outre détenir le label RGE, en pratique la qualification QualiPAC de Qualit’EnR.
Les techniciens et ingénieurs de bureau d’études thermiques calculent les déperditions pièce par pièce, choisissent la température de départ et dimensionnent l’installation. C’est l’étape qui décide si le système tournera efficacement pendant vingt ans : selon une estimation reprise par l’AIE, une pompe à chaleur mal posée peut ne délivrer que la moitié du rendement attendu. Les techniciens de mise en service et de SAV interviennent pour les fabricants et les grands installateurs.
Les usines emploient ingénieurs produit, frigoristes et automaticiens, techniciens d’essais et opérateurs. Le règlement européen sur les gaz fluorés supprime les HFC d’ici 2050, et le passage à de nouveaux fluides est devenu un chantier central pour tous les fabricants. Les grandes installations collectives et les réseaux de chaleur attirent des ingénieurs en génie climatique, et la pompe à chaleur géothermique rapproche le métier de celui des foreurs de l’énergie géothermique.
Rénovation énergétique : MaPrimeRénov’, DPE et audits
La rénovation des logements est la partie du secteur la plus dépendante des aides publiques. En 2025, MaPrimeRénov’ a financé 120 306 rénovations d’ampleur, contre environ 91 000 en 2024, et 187 425 gestes isolés, en baisse de 25 %. Le guichet a pourtant connu une année chaotique : suspendu à l’été 2025, rouvert en septembre avec des règles plus strictes, puis bloqué faute de budget jusqu’à sa réouverture le 23 février 2026. Au premier semestre 2026, l’Anah n’a reçu qu’un peu plus de 20 000 dossiers de rénovation d’ampleur, contre 95 000 un an plus tôt, après la baisse du plafond d’aide des ménages très modestes de 63 000 à 32 000 euros. Les entreprises qui avaient embauché pour les volumes de 2024 et 2025 ont passé des mois sans nouveaux chantiers.
La réglementation, elle, ne recule pas. Les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034. Un audit énergétique réglementaire est obligatoire pour vendre une maison classée F ou G depuis avril 2023, et classée E depuis 2025. Le calcul du DPE a changé au 1er janvier 2026 : le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9, ce qui fait sortir environ 850 000 logements chauffés à l’électricité des classes F et G.
Ces règles créent des métiers d’évaluation autant que de chantier. Les diagnostiqueurs immobiliers certifiés réalisent les DPE. Les auditeurs énergétiques, en bureau d’études qualifié OPQIBI 1911 ou Qualibat 8731, chez un architecte formé ou un diagnostiqueur habilité, établissent l’audit et le scénario de travaux. Mon Accompagnateur Rénov’, obligatoire pour une rénovation d’ampleur aidée, sert de tiers de confiance entre le ménage, les artisans et l’Anah. Derrière eux viennent les poseurs d’isolation, de menuiseries et de ventilation, tous dans le champ de la rénovation énergétique, et les techniciens des bailleurs sociaux qui planifient la performance énergétique des bâtiments de parcs entiers.
Le financement privé pèse autant que l’Anah. Les fournisseurs d’énergie doivent financer des économies d’énergie au titre des certificats d’économies d’énergie (CEE), et la sixième période, de 2026 à 2030, fixe une obligation de 1 050 TWh cumac par an, 35,5 % de plus que la période précédente, dont 280 TWh cumac au profit des ménages en précarité énergétique. Pour toucher ces primes comme MaPrimeRénov’, le client doit passer par une entreprise labellisée RGE. Qualit’EnR comptait en 2024 18 930 entreprises qualifiées, soit 30 % de l’ensemble des entreprises RGE.
Audits d’entreprise, management de l’énergie et services énergétiques
Dans le tertiaire et l’industrie, l’efficacité se vend comme un service, et la loi en fixe désormais le calendrier. Depuis la loi du 30 avril 2025, l’obligation d’audit énergétique ne dépend plus de la taille de l’entreprise mais de sa consommation. Au-delà de 2,75 GWh par an, l’audit est obligatoire tous les quatre ans, le premier au plus tard le 11 octobre 2026. Au-delà de 23,6 GWh, l’entreprise doit mettre en place un système de management de l’énergie certifié, du type ISO 50001, avant le 11 octobre 2027. Les bâtiments tertiaires déclarent en parallèle leurs consommations sur la plateforme OPERAT au titre du dispositif Éco Énergie Tertiaire, qui fixe des paliers de réduction jusqu’en 2050.
Les grands acteurs français des services énergétiques sont des filiales de groupes de l’énergie et du bâtiment. Dalkia, la filiale d’EDF, compte plus de 23 000 collaborateurs. Engie, Equans (groupe Bouygues) et Idex exploitent aussi des chaufferies, des réseaux de chaleur et des contrats de performance énergétique (CPE), dans lesquels l’entreprise garantit les économies sur plusieurs années. La sixième période des CEE a d’ailleurs ajouté une bonification pour ces contrats.
Les métiers sont variés. Les auditeurs visitent les sites, relèvent les consommations et chiffrent les économies. Les energy managers pilotent la gestion de l’énergie dans les usines, les hôpitaux et les parcs immobiliers, souvent aux côtés de la gestion des bâtiments. Les automaticiens et techniciens de GTB programment la régulation et la gestion technique du bâtiment, d’où vient l’essentiel des gains, dans le champ de l’automatique. Les chargés d’affaires font du développement commercial avec un bagage technique : ils visitent un hôpital ou un campus, chiffrent les actions et montent le contrat. Les petits cabinets de conseil en énergie travaillent pour les collectivités et les PME.
Électrification de l’industrie
L’industrie est la partie la plus difficile à électrifier. Dans le monde, l’efficacité industrielle et ses 3,6 millions d’emplois ont stagné en 2024, et l’Union européenne a même enregistré un recul net, les entreprises citant le manque de main-d’œuvre qualifiée parmi les principaux freins.
En France, le projet phare est à Dunkerque. ArcelorMittal y a annoncé en février 2026 un four électrique à arc de 1,3 milliard d’euros d’une capacité de 2 millions de tonnes d’acier par an, avec une équipe projet de 110 personnes et une concertation publique ouverte le 15 octobre 2026. À Mardyck, la nouvelle ligne d’aciers électriques, 500 millions d’euros et environ 200 emplois, tourne depuis mars 2026. Ces projets d’acier vert recoupent souvent ceux de l’hydrogène. RTE prévoit d’ajouter 9 GW de capacité d’ici 2029 autour de Dunkerque, du Havre et de Fos-sur-Mer pour ces sites.
Le travail mêle génie des procédés, génie thermique et électricité : pompes à chaleur industrielles qui récupèrent la chaleur fatale dans l’agroalimentaire, la papeterie ou la chimie, chaudières électriques, fours à induction et à arc, et nouveaux raccordements haute tension pour les sites qui abandonnent le gaz. Les recrutements viennent des fabricants d’équipements, des sociétés d’ingénierie et des services énergie des usines elles-mêmes.
Bornes de recharge pour véhicules électriques
La France comptait 202 804 points de recharge ouverts au public fin septembre 2026, 13 % de plus qu’un an plus tôt, dont 26 803 d’au moins 150 kW. Le rythme ralentit pourtant : il s’en est installé 14 544 au premier semestre 2026, contre 19 880 un an plus tôt, alors que l’objectif est de 400 000 points en 2030. La demande, elle, accélère : les voitures 100 % électriques ont atteint 41,91 % des immatriculations neuves en septembre 2026, un record.

Les opérateurs se réorganisent aussi. Izivia, la filiale de recharge d’EDF, a rejoint EDF business services le 1er février 2026, aux côtés de Dalkia Electrotechnics. Electra, TotalEnergies, Ionity, Fastned et Powerdot continuent de construire des stations rapides sur les autoroutes et les parkings de supermarchés.
Métiers de la recharge
Avant qu’une borne existe, il faut un terrain et une puissance. Les chargés de développement négocient les emplacements, et les chargés de raccordement au réseau obtiennent la puissance auprès d’Enedis ou de la régie locale, souvent l’étape qui décide du calendrier. Les techniciens d’installation et de maintenance des bornes de recharge posent, câblent et mettent en service les bornes, testent les protections différentielles et la liaison avec la supervision. Au-delà de 3,7 kW, la loi exige une qualification IRVE, du niveau 1 pour les bornes simples au niveau 3 pour la recharge rapide, avec des mentions spécifiques pour la maintenance.

Une fois les stations en service, les techniciens de service sur site couvrent un secteur et remplacent contacteurs, câbles ou modems défaillants. Les équipes d’exploitation des réseaux de recharge suivent la disponibilité des bornes depuis un centre de supervision, diagnostiquent à distance et déploient les mises à jour. Chaque borne publique dialogue avec sa plateforme par le protocole OCPP, dont la version 2.1 de janvier 2025 gère la recharge bidirectionnelle : c’est le standard sur lequel les développeurs bâtissent facturation, itinérance et pilotage de la charge. Chez les fabricants, les ingénieurs en électronique de puissance conçoivent les convertisseurs des bornes rapides, des postes d’autant plus difficiles à pourvoir que les bornes approchent le mégawatt.
Recharge pilotée, V2G et flottes
La recharge pilotée décale la charge des véhicules vers les heures où l’électricité est abondante et bon marché, et le véhicule-réseau (V2G) permet à la batterie de réinjecter du courant. Ce travail se situe entre la recharge et le secteur des réseaux et des fournisseurs d’énergie, et il recrute les mêmes profils que les agrégateurs : développeurs d’algorithmes d’optimisation, data scientists et traders.

L’électrification des flottes est pilotée par des responsables qui planifient le passage des bus, des utilitaires et des camions du diesel à l’électrique, dimensionnent le raccordement des dépôts et modélisent les consommations. En 2025, près d’un bus neuf sur quatre immatriculé dans l’UE était électrique (23,8 %), contre 4,2 % des camions de plus de 3,5 tonnes. Un dépôt réunit les trois volets du secteur : le matériel de recharge, le raccordement et la gestion de l’énergie qui répartit une puissance limitée entre des dizaines de véhicules.

Salaires en France et en Allemagne
| Poste | France (brut) | Allemagne (brut annuel) |
|---|---|---|
| Frigoriste, technicien de pompe à chaleur | 1 835 - 2 980 € par mois | 31 800 - 45 800 € |
| Électricien | 12,30 - 22,25 € de l’heure | 33 000 - 47 100 € |
| Technicien CVC | 25 000 - 44 000 € par an | - |
| Chef de chantier CVC | 26 000 - 50 000 € par an | - |
| Chargé d’affaires CVC | 37 000 - 60 000 € par an | - |
| Ingénieur thermicien, efficacité énergétique | 35 000 - 65 000 € par an | - |
| Energy manager | 40 000 - 80 000 € par an | 47 500 - 66 100 € |
Salaires bruts fixes, hors variable. France : fourchettes calculées par Indeed sur les offres des 36 derniers mois, mises à jour en octobre 2026, pour le frigoriste, l’électricien et le technicien CVC ; étude de rémunérations 2027 de Michael Page pour l’Île-de-France pour le chef de chantier CVC, le chargé d’affaires CVC, l’ingénieur thermicien et l’energy manager, avec des niveaux inférieurs de 10 à 15 % dans la plupart des autres régions. Allemagne : fourchettes StepStone pour l’Anlagenmechaniker SHK, l’Elektroniker et l’Energiemanager. Les artisans indépendants peuvent gagner nettement plus.
La logique est la même des deux côtés du Rhin : le salaire de base des métiers manuels reste modeste, et la prime va à ceux qui cumulent les qualifications. Un électricien qui détient aussi l’attestation de capacité pour les fluides frigorigènes et la qualification IRVE, ou un auditeur qui sait piloter un chantier, négocie nettement mieux. Le management de l’énergie et les services énergétiques paient davantage mais demandent en général un diplôme d’ingénieur ou plusieurs années en génie climatique.
Conditions de travail
L’essentiel du travail se fait chez les autres. Les installateurs de pompes à chaleur et les équipes de rénovation passent leurs journées dans les combles, les caves et les chaufferies, portent unités extérieures et ballons, percent des murs et manipulent des fluides frigorigènes. Les installateurs de bornes creusent des tranchées sur les parkings. Les postes de terrain impliquent beaucoup de route et un contact direct avec des particuliers souvent inquiets du coût et du désordre. Les bornes rapides fonctionnent sous plusieurs centaines de volts en courant continu, et chaque intervention suit des procédures strictes de consignation et d’analyse des risques, qui supposent une habilitation électrique.
Le risque principal n’est pas la météo mais le cycle des aides. Les ventes de pompes à chaleur air-eau ont chuté de plus de 40 % entre 2023 et 2024, MaPrimeRénov’ s’est arrêté plusieurs mois en 2025 et 2026, et les dossiers de rénovation d’ampleur ont été divisés par plus de quatre au premier semestre 2026. Les entreprises qui servent à la fois des particuliers, des entreprises et des collectivités traversent mieux ces à-coups que celles qui vivent d’un seul dispositif. Le métier a aussi un rythme saisonnier : les demandes de chauffage culminent à l’automne et en hiver.
Les postes de bureau dans le management de l’énergie, les logiciels de recharge et les sociétés de services énergétiques offrent souvent du télétravail partiel, tandis que la supervision des réseaux de recharge tourne en continu par équipes. Les métiers manuels restent très masculins : selon l’AIE, les femmes représentent moins de 5 % des techniciens et ouvriers qualifiés de l’énergie, contre environ 20 % de l’ensemble des effectifs du secteur.
Formation et qualifications
On entre dans le secteur par des qualifications qui s’ajoutent à un socle d’électricien ou de chauffagiste.
- Froid et climatisation : CAP froid et climatisation, bac pro installateur en chauffage, climatisation et énergies renouvelables, BTS fluides-énergies-domotique, ou le titre professionnel de monteur dépanneur frigoriste, préparé en environ huit mois selon HelloWork. L’attestation de capacité est obligatoire pour manipuler les fluides frigorigènes.
- Label RGE : les entreprises qui installent des pompes à chaleur passent par la qualification QualiPAC de Qualit’EnR, avec des audits de chantier réguliers. Sans RGE, le client ne touche ni MaPrimeRénov’ ni la plupart des primes CEE.
- Bornes de recharge : la qualification IRVE, délivrée notamment par Qualifelec, s’obtient après une formation courte pour un électricien déjà qualifié. Le décret de 2017 l’impose au-delà de 3,7 kW.
- Audit et diagnostic : les auditeurs travaillent dans des bureaux d’études qualifiés OPQIBI 1911 ou Qualibat 8731, et les diagnostiqueurs immobiliers passent une certification pour réaliser les DPE.
Pour les postes d’ingénieur et d’energy manager, les diplômes en génie climatique, génie thermique ou génie électrique sont la base habituelle, complétés par une formation d’auditeur ISO 50001 et une expérience de la mesure et vérification des économies dans les sociétés de services énergétiques.
Se reconvertir depuis un secteur voisin
Les chauffagistes et plombiers gaziers ont le chemin le plus court : ils connaissent les circuits hydrauliques, la régulation et les clients. L’AIE cite la reconversion des techniciens de chauffage vers la pompe à chaleur comme une entrée typique dans les métiers de l’énergie. Il leur manque en général l’attestation de capacité et l’aisance avec la partie électrique.
Les électriciens passent à l’installation électrique de bornes, de panneaux solaires et de batteries domestiques après quelques formations courtes. Le même client achète de plus en plus souvent les trois à la fois, ce qui rapproche le secteur des installateurs de l’énergie solaire et du stockage d’énergie.
Les métiers du bâtiment mènent à la rénovation : conducteurs de travaux, économistes de la construction et diagnostiqueurs deviennent auditeurs ou accompagnateurs rénov’. Les responsables de services généraux qui aiment les données deviennent energy managers.
Les mécaniciens automobiles sont plus loin qu’il n’y paraît : l’habitude du 12 V ne prépare pas aux installations de plusieurs centaines de volts, et une formation ciblée sur la haute tension reste indispensable. Les profils des télécoms et de l’informatique trouvent leur place dans la supervision des réseaux de recharge, qui se gèrent comme des équipements de réseau répartis, et dans les logiciels de tarification, de flexibilité et d’analyse des bâtiments.
Principaux employeurs
Fabricants de pompes à chaleur
- Groupe Atlantic - La Roche-sur-Yon, fabricant français de chauffage, de pompes à chaleur et de chauffe-eau, marques Atlantic et Thermor
- Daikin - Japon, pompes à chaleur air-eau et air-air
- Vaillant Group - Allemagne, chauffage et pompes à chaleur, marques Vaillant et Saunier Duval en France
- NIBE - Suède, pompes à chaleur, chauffe-eau et ventilation
Services énergétiques et rénovation
- Dalkia - Saint-André-lez-Lille, filiale d’EDF, plus de 23 000 collaborateurs, réseaux de chaleur et contrats de performance énergétique
- Engie - La Défense, services énergétiques et contrats de performance pour les collectivités et l’industrie
- Equans - groupe Bouygues, génie climatique, électrique et efficacité énergétique
- Idex - Boulogne-Billancourt, exploitation de chaufferies, réseaux de chaleur et services énergétiques
- Effy - Paris, rénovation énergétique des logements et accompagnement aux aides
- Hellio - Paris, certificats d’économies d’énergie et rénovation
Réseaux de recharge
- EDF business services (ex-Izivia) - groupe EDF, recharge pour entreprises, collectivités et flottes
- Electra - Paris, stations de recharge rapide en ville et en périphérie
- TotalEnergies - La Défense, recharge rapide sur autoroutes et dans les stations-service
- Ionity - Allemagne, recharge haute puissance sur les autoroutes européennes, créée par plusieurs constructeurs automobiles
- Fastned - Pays-Bas, stations rapides sous auvents solaires, cotée sur Euronext
- Powerdot - Portugal, recharge rapide sur les parkings de commerces
Fabricants de bornes
- Schneider Electric - Rueil-Malmaison, bornes de recharge et logiciels de gestion de l’énergie des bâtiments et de l’industrie
- ABB E-mobility - Suisse, bornes AC et DC jusqu’à la recharge mégawatt des poids lourds
- Alpitronic - Italie, bornes rapides Hypercharger fabriquées à Bolzano
- Kempower - Finlande, systèmes de recharge rapide modulaires
Industrie
- ArcelorMittal France - Dunkerque, four électrique à arc de 1,3 Md€ et ligne d’aciers électriques à Mardyck
Perspectives à l’horizon 2030
L’AIE prévoit que les effectifs mondiaux de l’efficacité énergétique atteindront 16,3 millions en 2035 avec les politiques annoncées, ou 22,4 millions sur une trajectoire de neutralité carbone. En France, les objectifs sont posés : 8,8 millions de pompes à chaleur installées en 2030 selon le projet de stratégie bas-carbone, 400 000 points de recharge publics, des audits obligatoires pour les entreprises dès octobre 2026, et des logements classés F interdits à la location en 2028. La demande existe donc. Ce qui décidera de l’emploi, c’est la stabilité des aides : les entreprises ne forment des apprentis que si MaPrimeRénov’ et les CEE restent ouverts assez longtemps pour les occuper.