Emplois en SIG et télédétection dans les énergies renouvelables
Les métiers des SIG et de la télédétection dans les énergies renouvelables
Les spécialistes des systèmes d’information géographique (SIG) et de la télédétection analysent cartes, images satellite, relevés LiDAR et vols de drone pour trouver les terrains constructibles d’un parc éolien ou solaire, tracer câbles et lignes, puis surveiller les installations en exploitation.
L’essentiel du travail se fait avant le premier coup de pelle, et c’est désormais la loi qui en fixe le rythme. En Allemagne, la loi sur les surfaces éoliennes oblige les Länder à réserver 1,4 % de leur territoire en moyenne d’ici fin 2027, puis 2 % d’ici fin 2032 à l’éolien terrestre. Chaque zone commence par un exercice SIG : on superpose les distances aux habitations, les espaces protégés, les servitudes radar et aéronautiques, la distance au réseau et le gisement de vent, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une carte des terrains réellement exploitables. C’est ce qui explique la présence massive de Berlin, Cologne, Hambourg ou Rostock dans les offres de ce domaine.
Du repérage foncier au dossier d’autorisation
Chez un développeur, la journée d’un analyste SIG commence souvent par la cartographie des contraintes. Les chefs de projet veulent savoir quelles parcelles d’une zone nouvellement ouverte peuvent accueillir une éolienne à la bonne distance des maisons, à qui elles appartiennent et par où un câble rejoindra le poste source. L’analyste répond avec des requêtes spatiales, les données cadastrales et des modèles de terrain, puis transmet sa sélection aux équipes de maîtrise foncière qui contactent les propriétaires. Les intitulés allemands de « Flächenscout », prospecteur foncier rattaché au développement de projets, montrent à quel point les deux fonctions se touchent.
Les mêmes couches alimentent ensuite le dossier d’autorisation : cartes d’habitats, études de covisibilité montrant d’où les éoliennes seront visibles, zones de bruit et d’ombre portée, tout cela nourrit l’évaluation environnementale. Les géomètres et géodésiens complètent le tableau : sur Rejobs, l’intitulé le plus fréquent de ce domaine est celui de géomètre indépendant pour des projets d’infrastructures énergétiques.
En France, les zones d’accélération
La loi d’accélération des énergies renouvelables de 2023 a confié aux communes le soin de définir des zones d’accélération, sur un portail cartographique national conçu par l’IGN et le Cerema. Selon le Cerema, plus de 700 000 zones y ont été saisies, dont 450 000 pour le photovoltaïque, souvent en toiture, et plus de 12 000 communes et intercommunalités y disposaient d’un compte actif en avril 2024. Pour les bureaux d’études et les développeurs, ce travail d’élus crée une demande nouvelle : croiser ces zonages avec le potentiel solaire des bâtiments, les contraintes environnementales et la capacité d’accueil du réseau.
La télédétection en exploitation
Une fois les parcs construits, la télédétection prend le relais. Les gestionnaires de réseau exploitent images satellite et LiDAR pour mesurer la distance entre la végétation et les lignes aériennes, un risque d’incendie et de coupure que Southern California Edison ou Hydro-Québec suivent de près. Les exploitants de parcs solaires utilisent la thermographie par drone pour repérer les modules défaillants, et les développeurs comme UKA ou BayWa r.e. gardent une cellule SIG interne.
Les profils les plus recherchés maîtrisent QGIS ou ArcGIS, mais aussi Python et les bases de données spatiales comme PostGIS, car les analyses se répètent sur des milliers de parcelles et doivent être automatisées. Un géomaticien qui sait lire un plan local d’urbanisme et un règlement de zone gagne encore en valeur.
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