Emplois en Performance énergétique des bâtiments dans les énergies renouvelables
Les métiers de la performance énergétique des bâtiments
La performance énergétique des bâtiments consiste à mesurer, modéliser et réduire la consommation d’énergie d’un bâtiment, de la simulation thermique dynamique en phase de conception jusqu’au diagnostic de performance énergétique (DPE) ou au suivi des consommations en exploitation. Le parc existant pèse lourd : selon la Commission européenne, environ 40 % de l’énergie consommée dans l’UE l’est dans les bâtiments, 85 % d’entre eux datent d’avant 2000 et 75 % sont peu performants, alors que le taux annuel de rénovation énergétique plafonne à 1 %.
Un marché créé par la réglementation
Contrairement à la plupart des spécialités des énergies renouvelables, celle-ci dépend moins de la courbe de coût d’une technologie que du droit. La directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments, révisée en 2024, devait être transposée avant le 29 mai 2026 ; elle fait du bâtiment à émissions nulles la norme du neuf et impose une baisse de la consommation moyenne d’énergie primaire du parc résidentiel.
La France avait pris de l’avance sur le tertiaire. Le dispositif Éco Énergie Tertiaire impose aux bâtiments d’au moins 1 000 m² une baisse de consommation d’au moins 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à 2010, avec une déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT. Le parc tertiaire représente 973 millions de m², dont environ 68 % entrent dans le champ de l’obligation. Côté neuf, la RE2020 durcit ses seuils par paliers successifs. Chaque pourcentage se traduit en heures facturables : il faut relever l’état des bâtiments, les classer, modéliser les travaux, les chiffrer et vérifier le résultat.
À quoi ressemblent les postes
Le cœur du métier reste la modélisation. Un thermicien ou un analyste de la performance construit un modèle énergétique sous Pleiades, IES VE ou DesignBuilder, le confronte à la méthode de calcul réglementaire et indique où le projet manque la cible et comment combler l’écart. Le piège est connu : un calcul réglementaire et un modèle de consommation réelle ne répondent pas à la même question, et les confondre reste l’erreur la plus répandue du métier. Ce travail rejoint la modélisation et simulation énergétiques.
Autour de ce noyau gravitent plusieurs métiers voisins : chargé d’études thermiques et fluides en bureau d’études, chargé d’études GTB (gestion technique du bâtiment), ingénieur BIM en lots techniques, et auditeur énergétique. En exploitation, le management de l’énergie prend le relais : suivre les consommations année après année, c’est ce qu’exige OPERAT. Lorsque le diagnostic débouche sur des travaux, le dossier passe aux équipes de rénovation énergétique.
Qui recrute
Les bureaux d’études et d’ingénierie dominent. Cundall, spécialiste britannique des lots techniques, publie le plus d’offres, devant Ameresco, l’irlandais Alternative Heat, Arup et AFRY. En France, VINCI Energies recrute pour ses activités de génie climatique et de services aux bâtiments, et des postes de chargé d’études GTB ou thermique et fluides apparaissent aussi dans les bureaux d’études français. Dublin, Birmingham et Berlin arrivent en tête des localisations, et Montréal offre des postes en français.
Le profil le plus recherché combine thermique du bâtiment, électricité et régulation : quelqu’un capable de lire une facture d’énergie, de comprendre pourquoi une centrale de traitement d’air tourne la nuit et de le corriger dans la GTB. Les diplômés en génie climatique ou en énergétique du bâtiment trouvent vite leur place, et l’expérience en exploitation-maintenance multitechnique vaut souvent davantage qu’un diplôme supplémentaire.
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